DMLA

La dégénérescence maculaire liée à la l’âge (DMLA) est la première cause de cécité des plus de 50 ans en France. Elle touche la macula, partie de l’œil responsable de la vision fine. Elle se caractérise par une perte inexorable de la vue, il n’existe pas à ce jour de traitement permettant de guérir de la maladie.

Combien de personnes sont-elles concernées par la maladie ?

La DMLA touche environ un million de français (évaluation réalisée en 2001). Elle est rare avant l’âge de 50 ans, elle atteint plus de 50 % des personnes âgées de plus de 80 ans. Du fait du vieillissement de la population, elle est en constance augmentation, elle pourrait toucher deux millions de Français en 2050. Elle est responsable de 3000 nouveaux cas de cécité légale par an, en France.

Comment savoir si l’on a la DMLA ?

Souvent, les premières lésions responsables de la maladie apparaissent dès l’âge de 50 ans, alors que le diagnostic n’est posé que vers l’âge de 60-65 ans.

En effet, la maladie débute par des symptômes discrets qui passent souvent inaperçus comme par exemple la sensation d’insuffisance de lumière pour lire, des difficultés à conduire la nuit.

Peu à peu la vision de près comme de loin est atteinte avec l’impression que les lignes droites deviennent courbes. Ceci rend la lecture, l’écriture, les travaux d’aiguille… particulièrement difficiles.

La personne atteinte par la maladie a, alors, du mal à reconnaître les visages familiers, les objets qui l’entourent semblent déformés et ternes, toutes les couleurs deviennent obscures et atténuées.

Plus tard apparaît une tache noire au centre du champ visuel qui rend la vision fine et centrale quasiment impossible, la personne peut toujours se repérer dans l’espace car la vision périphérique est conservée mais la conduite, la lecture, l’écriture, les actes de la vie quotidienne comme se regarder dans le miroir, éplucher les légumes, allumer une bougie deviennent impossible.

Que dois-je faire si j’ai des symptômes qui ressemblent à la DMLA ?

Prendre un rendez-vous rapidement avec votre médecin. En effet, le diagnostic est réalisé par un ophtalmologiste. Il est important que dès les premiers symptômes, et dans l’idéal, pour tout le monde dès 50 ans, un examen ophtalmologique de dépistage soit réalisé.

Votre médecin va réaliser plusieurs tests pour porter avec précision le diagnostic de DMLA et surtout préciser de quelle forme de la maladie il s’agit. En effet, selon que l’on soit atteint de DMLA sèche ou humide le traitement sera différent.

Tout d’abord il va réaliser un examen ophtalmologique complet comprenant notamment un fond d’œil et un test d’Amsler. Il va réaliser des photographies de la rétine qui lui serviront plus tard pour faire le suivi de l’évolution de la maladie.

Le test d’Amsler, est un test rapide et simple, pouvant être utilisé par le patient lui-même pour suivre l’évolution de la maladie.

Il va ensuite réaliser une angiographie de la rétine (à la fluorescéine et/ou au vert d’indocyanine). Cet examen consiste à injecter dans une veine un produit de contraste fluorescent : la fluorescéine et/ou le vert d’indocyanine. Ces produits permettent de montrer avec précision si le patient est atteint par une forme sèche ou humide de la maladie. C’est un examen indolore, il dure cependant assez longtemps car le médecin doit réaliser plusieurs photographies de la rétine.

Un nouvel examen est parfois prescrit par le médecin, il s’agit de l’OTC ou Tomodensitométrie rétinienne. Il permet au médecin de voir très finement l’étendue des lésions rétiniennes. Cet examen étant très récent, il n’est pas encore prescrit de façon habituelle.

Votre médecin répètera régulièrement tous ces examens pour voir comment évolue la maladie et pour adapter le traitement à l’évolution de la DMLA.

Que signifie DMLA sèche et DMLA humide ?

La DMLA sèche est la forme la plus fréquente de la maladie (80 à 90 % des cas) et la forme humide représente 10 à 20 % des formes de DMLA.

Les lésions rétiniennes à l’origine de la DMLA s’appellent des Drusen. Ces drusens sont visibles au fond d’œil où ils forment des points blancs plus ou moins confluents. Il y a, pour simplifier, deux principaux types de drusens. Les drusens miliaires responsables de la forme sèche de la maladie et les drusens séreux responsables de la forme humide de la maladie. Ces derniers sont en général plus grands et plus confluents et surtout se compliquent fréquemment par l’apparition de ce que les médecins appellent des néovaissaux choroïdiens. L’apparition de ces vaisseaux sur la rétine se traduit par une aggravation brutale des symptômes de la DMLA et doivent être traités très rapidement.

Quels sont les traitements de la maladie ?

Il n’existe pas de traitement qui permet de guérir de la maladie. Cependant, il existe des traitements qui permettent de ralentir l’évolution de la maladie et dans certains cas améliorer la vision des personnes atteintes par la DMLA.

La surveillance : c’est la première partie du traitement, le médecin va vous donner une grille d’Amsler et vous expliquer comment l’utiliser. Régulièrement, dans l’idéal tous les matins, il faut regarder la grille est voir si la vue est modifiée par rapport aux jours précédents. En cas de modification, il faut très rapidement voir son médecin pour qu’il puisse faire une angiographie et vérifier l’absence d’apparition de néovaissaux.

La prévention de l’aggravation : il est important de protéger les yeux du soleil qui semble avoir un rôle aggravant dans le développement de la DMLA ainsi que limiter le tabagisme qui lui aussi pourrait être responsable de l’aggravation de la maladie.

Les médicaments : il n’y a pas à ce jour, en France, de médicament permettant de traiter la DMLA. Des médicaments sont à l’étude dont, certains même, sont déjà commercialisés dans d’autres pays pour limiter l’apparition des néovaissaux.Cependant, il est courant de prescrire des médicaments aidant les vaisseaux à se dilater, améliorant l’oxygénation du sang ou des vitamines et oligo-éléments. Même si ces traitements n’ont pas à ce jour fait la preuve de leur efficacité dans des essais cliniques, ils ne peuvent pas nuire.

Les traitements par laser :

Le laser simple : il est utilisé uniquement pour la DMLA humide. Il permet de détruire les néovaissaux et ainsi empêcher leur progression. Son principal effet secondaire est de laisser une cicatrice irréversible sur la rétine qui entraîne une petit zone aveugle définitive dans le champ visuel.

La photothérapie dynamique (PDT) : il est utilisé uniquement pour certaines formes de DMLA humide. Il s’agit d’un traitement laser associé à l’injection dans une veine d’un produit (verteporfine) qui va permettent au laser d’être plus précis dans la zone à détruire. Ce traitement est plus récent et semble donner de très bon résultats. Cependant il reste très coûteux. (une ampoule du produit coûtant environ 1500€)

La thermothérapie transpupillaire : c’est un traitement laser uniquement réservé à des formes particulières de la maladie. Il utilise le pouvoir chauffant du laser.

Autres traitements :

La radiothérapie : uniquement pour les formes humides de la maladie. Les résultats étant discordants selon les études, elle est très peu utilisée.

La chirurgie : elle est très peu utilisée, elle est réservée à certaines forment humides de la maladie. Ses résultats sont controversés.

L’avenir : de nombreux traitements sont à l’étude notamment des injections dans l’œil de médicaments capables d’empêcher la formation des néovaisseaux

Je suis atteint par une DMLA sèche, pour laquelle il n’existe pas de traitement, que puis-je faire pour améliorer ma vue ?

Il existe des aides à la vision, télescopes, agrandisseurs vidéo, lumières puissantes pour améliorer la lecture, votre opticien peut vous aider à trouver les aides visuelles les plus appropriées. De plus il est possible de rééduquer la vision surtout au début de l’évolution de la maladie pour mieux utiliser la vision périphérique, les orthoptistes réalisent cette rééducation avec le patient.
Quand la vue est très diminuée, il est possible de mettre en place des aides au quotidien pour faciliter la vie du patient et maintenir son indépendance, les ergothérapeute peuvent alors aider à réaménager la maison, pour limiter le risque de chute, pour organiser la cuisine de telle sorte que le patient sans pouvoir voir puisse préparer ses repas…

La DMLA est une perte progressive de la vision centrale qui s’accompagne d’une altération majeure de la qualité de vie de la personne qui perd peu à peu la capacité de voir ce qu’elle fait.

Il n’existe pas de traitement de la forme la plus fréquente de la maladie. Pour la forme humide, les traitements existant peuvent ralentir voire stopper l’évolution de la maladie. Quelle que soit la forme dont vous êtes atteints il est indispensable de faire un suivi ophtalmologique régulier et de trouver dès le début de la maladie un orthoptiste qui vous aidera à mieux utiliser votre vision périphérique. Votre opticien peut vous apprendre à utiliser des aides visuelles.

Même si vous ne pouvez pas éviter la DMLA d’évoluer vous pouvez apprendre à vivre avec et à rester indépendants le plus longtemps possible.